La Rotonde
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Publié le lundi, 30 octobre 2017

Rencontre dialo­gique avec l’art

Art et culture  

Par : Hous­sein Ismail-Contri­bu­teur 

 

Un atelier sur l’ap­proche dialo­gique, portant sur le travail artis­tique de David Gillan­ders, et animé par les profes­seurs Jenni­fer Mack­lem et Norman Cornett, se dérou­lera à partir de midi, à l’édi­fice 100 Laurier dans la salle 114, le 1er novembre prochain. La Rotonde s’est entre­te­nue avec Profes­seur Cornett en prévi­sion de l’ac­ti­vité.

Le 1er novembre, sur invi­ta­tion de la Profes­seure Jenni­fer Mack­lem du Dépar­te­ment d’arts visuels, les locaux de l’Uni­ver­sité d’Ot­tawa abri­te­ront un atelier dialo­gique, gratuit et ouvert à tous, portant sur l’art de David Gillan­ders et animé par le profes­seur Norman Cornett. Ce dernier est un spécia­liste en sciences des reli­gions et un critique d’art, dont l’éru­di­tion porte en parti­cu­lier sur les rapports entre l’es­thé­tique et la spiri­tua­lité. Il colla­bore avec des artistes et acti­vistes autoch­tones depuis 29 ans.

À la suite de la lecture de l’es­sai L’ima­gi­naire dialo­gique du critique litté­raire russe Mikhaïl Bakh­tine, germa en Cornett la ques­tion de savoir s’il était possible de mettre en place un dialogue entre l’ima­gi­naire de l’ar­tiste et celui de la personne qui appré­cie son œuvre.

Un envi­ron­ne­ment d’ap­pren­tis­sage ouvert

Au cours de ses ensei­gne­ments de sujets rela­tifs à l’art contem­po­rain, dont il quali­fie d’ailleurs le langage d’« hermé­tique  », il a constaté chez ses étudiants une appré­hen­sion à poser des ques­tions. Il sent alors la néces­sité de créer «  un envi­ron­ne­ment éduca­tion­nel non menaçant » qui faci­li­te­rait la décou­verte et le contact avec une produc­tion artis­tique; une ambiance purgée de toute peur qui favo­ri­se­rait la curio­sité.

En s’ins­pi­rant des travaux du célèbre pédiatre et psycha­na­lyste britan­nique D.W. Winni­cott, il élabore une approche aux arts qui éclaire d’un jour inat­tendu l’en­sei­gne­ment de cette disci­pline. C’est la méthode dite d’ap­proche dialo­gique aux arts et à l’édu­ca­tion dans laquelle les élèves disposent de toute lati­tude pour ques­tion­ner une œuvre d’art. Cornett propo­sera mercredi une méthode dont le leit­mo­tiv est qu’« il n’y a qu’une mauvaise ques­tion: celle que l’on ne pose pas  ». Cela consiste en un dialogue entre un audi­toire et un artiste, autour d’une réali­sa­tion artis­tique.

Dialogue artis­tique sans audi­toire passif

Le premier à prendre la parole, mercredi de midi à 14h00, sera le public, qui sera invité à expri­mer ses percep­tions à l’égard d’une œuvre de Gillan­ders, par écrit, spon­ta­né­ment et anony­me­ment. Le profes­seur Cornett ques­tion­nera alors l’au­di­toire selon un chemi­ne­ment qui corres­pond aux étapes par lesquelles passe l’ar­tiste pour créer son œuvre.

Le chemi­ne­ment abou­tit à l’at­tri­bu­tion d’un nom à l’œuvre par toute personne présente dans l’au­di­toire. Puis, durant la seconde partie de l’ate­lier, de 16h00 à 18h00, il lira les réponses à Gillan­ders, qui rece­vra son œuvre d’au­tant de façons diffé­rentes que de personnes consti­tuant l’au­di­toire, avant de dévoi­ler le nom qu’il a lui-même donné à son œuvre, ainsi que ses propres percep­tions.