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Dernière heure : Fin du campement pro-Palestine à Tabaret

Camille Cottais
10 juillet 2024

Crédit visuel : Archives

Une dernière heure rédigée par Camille Cottais – Rédactrice en chef 

Après onze semaines d’occupation, les étudiant.e.s pro-Palestinien.ne.s ont décidé cette nuit de quitter la pelouse de Tabaret. Les négociations avec l’Université d’Ottawa (U d’O) étaient au point mort, et la menace de l’envoi des forces policières se faisait sentir.

Une impasse dans les négociations

Dans une communication de presse diffusée cette nuit par Labour for Palestine Ottawa, Sumayya Kheireddine, une des organisatrices du campement, a affirmé : « Nous sommes arrivés à une impasse dans les négociations parce que l’université a prétendu qu’elle n’avait aucun pouvoir pour faire quoi que ce soit au sujet des fonds qu’elle gère et sur lesquels elle a en fait un contrôle total. Au mieux, cette université et son recteur sont déconnectés de la réalité. Au pire, ils sont tout simplement cruels, guidés par l’appât du gain et insensibles à la souffrance d’autrui ».

Kheireddine déplore de plus la position de « neutralité » que souhaite afficher l’U d’O : « qu’y a-t-il de neutre dans le fait d’investir activement dans un génocide ? », demande-t-elle.

INSAF a soutenu sur son compte instagram que les étudiant.e.s ont tout fait pour négocier avec l’administration de l’Université, mais que celle-ci « a réagi en temporisant, en nous parlant dans un jargon bureaucratique et en rejetant complètement nos demandes très raisonnables ». L’organisation dénonce l’« hypocrisie » de l’U d’O, qui reste selon elle « complice du génocide, de l’occupation illégale et de l’apartheid », alors même qu’elle s’est engagée pour des investissements éthiques dans le cadre des Principes pour l’investissement responsable des Nations unies.

La menace d’une intervention policière

Face à ces négociations infructueuses, le campement s’était déplacé dimanche, se rapprochant de Tabaret pour assiéger le bâtiment. Les employé.e.s travaillant à Tabaret ont reçu pour instruction de travailler de chez eux.elles pendant la semaine, et le bâtiment a été fermé.

Plusieurs craignaient que face à cette escalade, l’Université décide d’envoyer des forces policières pour déloger le campement. INSAF avait organisé une conférence de presse fin juin pour alerter de ce risque, après que l’administration uottavienne ait fait savoir son intention de signifier un avis d’intrusion aux étudiant.e.s et de faire intervenir la police.

Labour for Palestine Ottawa lie la décision de mettre fin à l’occupation aux poursuites judiciaires et aux violences policières ayant eu lieu à travers le pays sur des campements similaires. L’organisation cite notamment la décision de justice contre les manifestant.e.s de l’Université de Toronto, le procès intenté contre les étudiant.e.s de l’Université de Waterloo, ainsi que les interventions policières à l‘Université Mémorial de Terre-Neuve et à l’Université de Calgary.

Face à ce que Labour for Palestine Ottawa nomme une « criminalisation croissante de la dissidence », des organisations ottaviennes avaient créé en janvier 2024 un fonds de défense pour soutenir les individus faisant l’objet de poursuites en lien avec des actions pro-Palestiniennes.

« Nous reviendrons »

INSAF rappelle que malgré la fin du campement, leur combat n’est pas prêt de s’arrêter. Soulignant que l’occupation n’était qu’une tactique de lutte parmi d’autres, INSAF prévient l’Université : « nous continuerons à vous affronter, sur cette pelouse et sur tout le campus, l’année prochaine, et l’année suivante, et chaque année jusqu’à la libération complète de la Palestine […] Nous reviendrons ».

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