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Incident, grève, et règlement, que dit le Sénat ?

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21 octobre 2020

Crédit visuel : Nisrine Nail – Directrice artistique

Par Thelma Grundisch – Journaliste

Les membres du Sénat de l’Université d’Ottawa (U d’O), qui se rencontrent en moyenne une fois par mois, se sont réunis le 19 octobre dernier pour aborder plusieurs points primordiaux. Entre récents événements, changements de règlements et nouveaux projets, mise au point sur l’actualité de l’Université.

Le recteur et vice-chancelier Jacques Frémont a adressé pendant les 45 premières minutes de la réunion deux des problèmes majeurs qui touchent actuellement le campus de l’U d’O : la mention d’une insulte à caractère racial  qui a eu lieu le mois dernier à la faculté des arts, et la grève du Person­nel de soutien de l’Uni­ver­sité d’Ot­tawa (PSUO).

U d’O face au racisme

Frémont d’abord revenu sur l’incident ayant eu lieu dans le cours ART3117 Art et genre, impliquant la professeure Lieutenant-Duval. Il a notamment mentionné « le grand malaise qui habite notre communauté […] autour de cet incident, de sa compréhension et ses suites ».

Il a lu sa déclaration publiée dans la nuit de dimanche à lundi, dans laquelle il réaffirme la position de l’U d’O concernant le racisme et défend la liberté d’expression, ainsi que la liberté académique. Si le recteur a dit se « réjouir » de l’attention porté à ce débat et a encouragé le dialogue, il a cependant condamné les attaques personnelles, et discours haineux qui ont eu lieu ces derniers jours sur les réseaux sociaux ou sur le campus.

Face aux inquiétudes des différent.e.s intervenant.e.s concernant les tensions qui en découlent, le recteur a déclaré que celles-ci sont encore trop élevées pour organiser une discussion dans la communauté universitaire. Il a cependant assuré que ces conversations auraient lieu en temps voulu et que toutes les voix seraient entendues. Il a également rassuré certain.e.s professeur.e.s qui s’inquiétaient de la montée de la haine contre les francophones sur le campus.

En ce qui concerne la procédure à suivre pour la suite des événements, il a rappelé que, malgré l’importance de la liberté académique, chaque professeur.e doit bien cerner les « zones sécuritaires » et les « zones dangereuses, où il faut faire plus attention » dans la matière qu’il ou elle enseigne.

Effet de la grève

Frémont a ensuite expliqué qu’en dépit de la rhétorique syndicale, l’U d’O a travaillé pendant des mois à trouver des solutions et à renégocier des ententes avec le PSUO, aucune entente n’a pour autant été trouvée.

Il a néanmoins assuré qu’un plan de contingence avait été mis en place pour qu’il y ait le moins d’interruptions possible dans les services universitaires, et que la priorité de l’U d’O restait de supporter les étudiant.e.s. Il a ensuite incité les personnes en contact avec des grévistes à leur témoigner leur soutien, et a conclu en disant qu’il fallait être solidaire. S’il s’est exclamé que « s’il y a de la bonne volonté, il est possible de traverser ça très rapidement », aucune annonce n’a cependant été émise quant à la possibilité d’une entente.

Changement dans les règlements

C’est la vice-provost aux affaires académiques, Aline Germain Rutherford, qui a ensuite présenté deux mesures de modifications des règlements académiques concernant les symboles alphanumériques de notation à l’Université.

La première concerne l’interprétation de ces symboles. La vice-provost affirme qu’il est trop difficile de donner une définition précise à chaque symbole, puisque ceux-ci diffèrent selon les facultés et les disciplines. Elle a alors suggéré que les enseignant.e.s précisent leurs définitions propres de ces symboles et leurs attentes dans leurs syllabus de cours.

La deuxième mesure a pour but d’harmoniser le règlement de la faculté de droit avec le règlement officiel de l’U d’O. Le sénat a adopté l’ajout d’un paragraphe au règlement de la faculté, indiquant que le barème utilise la lettre F avec une moyenne pondérée satisfaisante, et non plus E, pour autoriser une reprise.

Francophonie et recherche 

Sanni Yaya, vice-recteur à l’international et à la Francophonie, et Jean-François Venne, agent principal des politiques linguistiques, sont revenus sur les propositions de plan d’action pour la francophonie à l’U d’O. Ils ont notamment proposé la mise en place d’un conseil des services et programmes en français, et la création d’une consultation annuelle du recteur sur la francophonie sur le campus, et en Ontario. La proposition a été adoptée à l’unanimité.

Le vice-recteur à la recherche, Sylvain Charbonneau, et son équipe, ont fait le point sur leur projet Innover pour un monde meilleur, financé par un don d’Alex Trebek, ancien étudiant de l’U d’O. L’objectif serait d’augmenter la recherche à l’Université, et de mieux faire connaître cette dernière et le rôle de ses chercheur.se.s en matière de politiques publiques. Pour atteindre cet objectif, douze centres et instituts travaillent sur des grandes questions de société, telles que l’équité, l’intelligence artificielle, ou le vieillissement de la population.

Semestre en ligne 

Aline Germain-Rutherford, vice-provost aux affaires académiques et vice-rectrice associée, appui à l’enseignement et à l’apprentissage a partagé des statistiques sur l’organisation du semestre en ligne. D’après elle, de nombreuses formations ont été mises en place, et continuent d’être développées, grâce à la rétroaction des étudiant.e.s et des professeur.e.s.

Elle a également mentionné des partenariats avec d’autres universités, tels que la Collaboration pour des projets en ligne (CPL) avec l’Université Carleton, ou une entente avec l’Université Laval, permettant aux étudiant.e.s de la faculté des arts, et bientôt de génie, de choisir des cours dans l’un ou l’autre établissement.  

La réunion s’est conclu avec le sujet de l’évaluation de l’enseignement en ligne. Germain-Rutherford a abordé la refonte du questionnaire d’évaluation avec l’aide d’experts, permettant des retours plus formatifs pour les enseignant.e.s.

De nombreux sujets ont été débattu au cours de cette réunion du Sénat, mais la question du racisme à l’Université reste cependant en suspens. Malgré les différentes propositions d’actions et suggestions des intervenant.e.s, rien de concret n’a encore été mis en place sur le campus. 

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