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Arts et culture

Lire en français avec les clubs de l’U d’O

Crédit visuel : Bibliothèque de l’Université d’Ottawa – Courtoisie 

Article rédigé par Lê Vu Hai Huong — Journaliste

Les clubs de lecture francophones à l’Université d’Ottawa (U d’O) ne se contentent pas de tourner des pages : ils font vibrer la francophonie. Parmi eux, le club de lecture francophone de bandes dessinées (BD) de la bibliothèque Morisset et celui de l’Association des étudiants du département de français (AÉDF) proposent des espaces d’échanges mensuels très dynamiques.  

À la rencontre des deux clubs de lectures francophones

Dans le paysage culturel de l’U d’O, Marianne St-Jacques, conseillère intermédiaire en communication et marketing à la bibliothèque Morisset, coordonne le club de lecture francophone de BD. « De nombreuses personnes sont venues […] sans avoir nécessairement lu de bande dessinée depuis l’enfance ou l’adolescence. Parfois iels se montrent un peu surpris.e.s de découvrir la richesse des ouvrages au programme et celle de la bande dessinée en général », observe-t-elle.

Sur le campus, l’AÉDF organise également un autre club de lecture francophone. Raphaëlle Pilon, vice-présidente aux communications du club, explique que cette initiative vise à offrir aux personnes qui aiment le français un lieu de rencontre dans un cadre décontracté.

Jérémie Latour, vice-président aux affaires sociales, précise que l’équipe souhaite proposer une formule plus « mollo » et moins exigeante que certains autres clubs de lecture de son département, qui imposent souvent davantage de règles et de lectures.

Et sur quoi discute-t-on ?

Parmi les thèmes des rencontres du club de BD, la francophonie occupe une place centrale, particulièrement en mars. Selon St-Jacques, celle-ci doit être célébrée dans toute sa pluralité, en incluant des œuvres de la Côte d’Ivoire comme Aya de Yopougon de Marguerite Abouet et Clément Oubrerie, ou du Québec comme La petite Russie de Francis Desharnais. 

Du côté de l’AÉDF, Latour indique que l’association a choisi comme thème principal la francophonie canadienne à l’extérieur de l’Ontario et du Québec, afin de faire découvrir des auteur.rice.s d’autres provinces. Il raconte avoir mené des recherches approfondies pour sélectionner des ouvrages provenant du Manitoba, de l’Alberta et de la Nouvelle-Écosse.

Pour cette dernière province, l’association a retenu le recueil de poésie Alma  de Georgette LeBlanc. « C’est vraiment intéressant parce que l’autrice a rédigé le recueil de manière à lui donner une trame narrative et une structure qui rappelle un roman. J’ai vraiment hâte de voir si les gens vont aimer ça », confie-t-il.

Au club de BD, St-Jacques met également en lumière d’autres thèmes abordés : les voix autochtones, le féminisme, l’environnement, la fierté LGBTQIA+, l’accessibilité et l’histoire des Noir.e.s. « Les deux séances qui ont attiré plus de participation, ce sont la première qu’on a tenue en début d’année sur les voix autochtones et  celle de la semaine passée sur l’accessibilité », remarque-t-elle.

En plus des discussions entre participant.e.s, la conseillère intermédiaire en communication et marketing à la bibliothèque Morisset souligne que chaque séance accueille des invité.e.s spéciaux.ales. Parmi ces personnes figurent Leila Morin du Centre des étudiant.e.s ayant un handicap (CÉH), le doctorant Pietro Sacca et l’écrivain Amadou Ba.

Le campus sous un même toit

Le club de lecture francophone de BD fonctionne comme une initiative gratuite ouverte à l’ensemble de la communauté universitaire, précise St-Jacques. Cette activité s’adresse autant au corps professoral qu’à la population étudiante et aux membres du personnel. 

Pilon note que le club de l’AÉDF accueille lui aussi tous.tes les étudiant.e.s, et pas seulement celles et ceux du département de français.  Des membres de la Faculté des arts ont d’ailleurs manifesté un vif intérêt. La vice-présidente encourage les étudiant.e.s, qu’iels soient en économie ou dans tout autre domaine, notamment celles et ceux qui souhaitent encourager la culture et discuter de nouvelles découvertes, à se joindre à cette leur communauté passionnée de lecture. 

« Tu n’as même pas besoin de connaître le livre […] tu peux simplement venir, et nous lirons des passages ensemble. Il n’y a vraiment pas de stress», rassure Latour, de son côté.

À l’épreuve de visibilité et d’abordabilité 

Pilon confie que l’un des principaux défis demeure la promotion, puisque plusieurs étudiant.e.s ignorent encore l’existence du club malgré sa présence sur Instagram. À cet enjeu de visibilité s’ajoute celui de l’accessibilité. La vice-présidente aux communications explique que le club de l’AÉDF tente de privilégier des œuvres abordables, parfois offertes en format PDF, afin de ne pas freiner l’intérêt des étudiant.e.s pour la lecture.

Le coût des livres représente en effet un obstacle. « Il y avait beaucoup d’auteur.rice.s que je trouvais intéressant·e·s, mais leurs livres coûtaient entre 30 et 40 dollars […], c’est vraiment cher », constate Latour. Il rappelle toutefois que ces prix élevés reflètent souvent les difficultés que rencontrent les auteur.rice.s en contexte minoritaire pour assumer les frais d’impression.

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