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L’Université de l’Ontario Français enfin prête à démarrer?

Crédit visuel : Archives 

Article rédigé par Nisrine Nail – Journaliste

En janvier 2021, l’Université de l’Ontario français (UOF) a annoncé qu’elle avait reçu moins de 40 demandes d’admission au total. Aujourd’hui, l’UOF a reçu approximativement 450 demandes d’admission, une hausse de presque 1125 %. La Rotonde s’est entretenue avec le recteur Pierre Ouellette et avec la professeure et responsable Hela Zahar en vue de la toute première rentrée scolaire de l’UOF.

La période d’inscription a débuté le 1er juillet, jusqu’à maintenant 70 étudiant.e.s sont inscrit.e.s. Avec cette tendance, le recteur se dit optimiste d’accueillir approximativement 100 étudiant.e.s cet automne. L’objectif précédant l’arrivée de Ouellette d’accueillir 200 étudiant.e.s en automne ne sera donc pas réalisé. Pourtant, le recteur est satisfait des chiffres présentés. « C’est rare de bâtir une nouvelle université. C’est encore plus rare en situation linguistique minoritaire. Il faut être patient.e »  explique Ouellette. 

Récemment, l’UOF a lancé quinze microprogrammes afin d’obtenir un micro-certificat ou certificat. Le recteur clame que ces microprogrammes suscitent beaucoup d’intérêt et développe que l’Université a reçu environ 200 demandes d’admission en quelques semaines. Parmi les quatre baccalauréats offerts, les plus convoités seraient Économie et innovation sociale ainsi que Cultures numériques, remarque le recteur. Selon Zahar, responsable du Pôle d’études et des recherches en Cultures numériques, ce baccalauréat en est populaire, car de nos jours, le numérique est au cœur des pratiques sociales. Ce phénomène a été renforcé par la pandémie, estime-t-elle.

Entrée en pandémie

Ouellette informe qu’il n’y a pas de décision finale en ce qui concerne la vaccination ou les mesures sanitaires sur le campus. L’UOF suit attentivement les déclarations et les attentes du gouvernement, ajoute le recteur. Il assure que l’équipe en place est prête à agir agilement. « Les choses évoluent rapidement, on communiquera des  directives claires à nos étudiant.e.s inscrit.e.s fréquemment et rapidement pour qu’ils.elles sachent ce qui les attendent en septembre », commente Ouellette. 

Il soutient qu’un des points positifs de l’UOF est le format co-modalité fluide. Cela signifie que tous les cours seront offerts en personne et à distance. Cette approche a été mise en place avant la pandémie, elle fait partie de « l’ADN » de l’Université. En raison de la coexistence de ces deux modes d’enseignement, l’UOF appuie ses professeur.e.s pour une meilleure expérience, exprime Ouellette. Le format des cours varie selon la meilleure manière d’enseigner le contenu, indique Zahar. Par exemple, les cours contenant du visionnement ou des lectures seront donnés en ligne alors que ceux contenant des laboratoires sur un problème posé seront en présentiel.

Le recteur rapporte que l’UOF prépare un accueil assez intéressant pour démarrer l’année scolaire. Ce dernier informe que les activités d’intégration auront lieu à partir du 7 ou 8 septembre. Ces événements visent à allumer la vie étudiante sur le campus. Les cours commenceront le 9 septembre. Ouellette précise que la rentrée doit être une réussite et que la première cohorte vit une expérience positive… Ce qui sera plus complexe avec la COVID-19 déplore-t-il. Ouellette annonce aussi que l’UOF prépare la tournée de recrutement d’étudiant.e.s pour septembre 2022. 

Une pédagogie singulière 

L’UOF n’est pas structurée par des facultés et des départements, explique le recteur. L’Université est basée sur la transdisciplinarité, alors il est possible qu’un cours soit partagé entre plus d’un.e professeur.e. Cette méthode sollicite les partages ce qui apporte une richesse incroyable, soutient Ouellette. 

Pour ce qui est des embauches des professeur.e.s, le recteur indique que l’UOF est « à la recherche de personnes qui ont le goût de travailler dans une université qui fonctionne différemment ». C’est le cas de Hela Zahar. Antérieurement directrice du Pôle lavallois d’enseignement supérieur en arts numériques et économie créative (PLAN), Zahar était attirée par la pédagogie transdisciplinaire, expérientielle et de nature collaboratrice de l’UOF. Elle avoue que ce n’est pas évident de travailler avec cette approche dans une institution universitaire qui suit un système traditionnel. 

En tant que responsable du Pôle d’études et de recherches en Cultures numériques, Zahar a pour responsabilité de concevoir le programme. En d’autres mots, elle s’occupe de rendre le programme opérationnel et fonctionnel. La professeure maintient que les cours offerts sont basés sur une « pédagogie par problème », donc ils discutent et couvrent des enjeux sociaux, politiques, éthiques, écologiques et culturels. 

Viabilité d’une université en français ? 

Ouellette se dit motivé par le défi d’avancer la francophonie ontarienne. Il confie qu’il est choyé de pouvoir contribuer à cet avancement au sein de l’UOF tout en offrant des programmes « innovants ». « L’UOF est né par un manque d’offre et d’accessibilité en Ontario à des études universitaires en français alors offrir autant de programmes que possible pour satisfaire la demande est la priorité numéro un », atteste le recteur. 

Néanmoins, Ouellette réalise les défis « extrêmement importants » lorsqu’il est question de la viabilité de l’UOF. Il voit la situation d’autres universités, notamment celle de l’Université Laurentienne à Sudbury, qui démontre la fragilité des institutions universitaires francophones au Canada. Puisque la communauté francophone est minoritaire, les coûts sont plus élevés, commente le recteur. « Offrir un programme à une vingtaine de personnes, ce n’est pas comme offrir un programme à 200 ou même 2000 personnes », observe-t-il. Ouellette pense qu’il existe des ressources différentes à mobiliser pour offrir des programmes en français de niveau universitaire en Ontario.  

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