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Déconstruire le phénomène antivaccin

Crédit visuel : Emmanuelle Gingras – Journaliste

Article rédigé par Emmanuelle Gingras – Journaliste

Alors que la province est en pleine campagne de vaccination contre la COVID-19, plusieurs personnes se sont prononcées sceptiques face à la méthode d’immunisation. La Rotonde se penche sur le phénomène antivaccin.

En juin dernier, une statistique démontrait que ceux et celles ayant voté conservateur avaient été plus nombreux.ses à affirmer qu’ils.elles ne se feraient pas vacciner, ou en étaient plus réticent.e.s. Le magazine périodique hebdomadaire Maclean’s, soulevaient que cette corrélation ne serait pas assez importante pour réellement affirmer une tendance évidente. 

Par ailleurs, plusieurs articles journalistiques tels que « “Allez vous faire vacciner!” : le dernier message d’une antivaccin avant de mourir »  et « Antivaccins : le doute à forte dose » présentent les personnes antivaccin comme étant adeptes à la pseudoscience et les théories de complot. 

Rôle de la couverture médiatique

Pour Darryn Anne Wellstead, docteure diplômée de l’Université d’Ottawa (U d’O) et spécialiste en sociologie médicale, il y aurait un manque de couverture et une mauvaise représentation des mouvements dits réticents face aux vaccins. Elle ajoute que cela empêche la compréhension de plusieurs sous-enjeux sociaux importants. 

« Dans ma recherche de doctorat, j’ai découvert qu’un bon nombre d’antivaccins que j’ai interrogé.e.s avaient des raisons complexes de ne pas vouloir se faire vacciner et/ou leurs enfants. Il ne s’agit pas toujours de théories du complot ou de méfiance envers les « Big Pharma  », raconte-t-elle.

Contrairement à Wellstead, Earl Brown, professeur retraité de l’U d’O et expert en virologie et microbiologie, exprime que  « [l]eur position [antivaccin] est difficile à justifier […] ». 

Multiples raisons…

Selon  Wellstead, des décisions reliées à des problèmes médicaux, des antécédents familiaux ayant eu des problèmes avec certains vaccins ou des traumatismes raciaux et/ou culturels seraient aussi en jeu, poursuit la docteure. 

Quant à lui, Brown vulgarise une liste d’autres raisons qui ont selon lui mené les gens à être réticent.e.s ou à s’opposer aux vaccins contre la COVID-19. 

Ce dernier soulève ce qu’il considère comme l’un des principaux motifs ; la rapidité évidente par laquelle le vaccin a été développé.  « L’utilisation de licences d’urgence a été mise en place. Ils [les laboratoires] ont coupé des stages, et ont effectué de la supervision sur huit semaines, ce qui est plus tôt que la norme, qui est à 16 semaines. », affirme-t-il. 

Brown évoque également ceux et celles qui, de façon générale, ne croient tout simplement pas en la vaccination, considérée comme « non-naturelle » craignant des effets secondaires à long terme. La question de la médecine comme une science dominée et corrompue par l’argent reviendrait aussi souvent comme raison, ajoute le scientifique.

…Aux diverses explications

Bien que les raisons liées à l’histoire et au statut social ne fassent pas l’unanimité, Wellstead croit tout de même que la société devrait être plus sensible face aux plus sceptiques. Selon elle, la société devrait essayer de dialoguer de manière constructive avec les personnes qui ont des inquiétudes face aux vaccins. Elle rappelle qu’« on ne peut pas convaincre quelqu’un de se faire vacciner en l’insultant ». 

De son côté, Brown tient à mentionner que les scientifiques n’ont jamais vraiment vu des effets secondaires provoqués par la vaccination sur le long terme. « Les problèmes reliés aux vaccins se manifestent normalement rapidement », explique-t-il. Ce dernier précise notamment que les chances de développer des caillots de sang sont plus élevées en contractant le virus qu’en se faisant vacciner.

Puisque le virus aurait été découvert bien avant son éclosion, l’expert en virologie mentionne que les scientifiques « avaient déjà une idée de comment [le virus] fonctionnait ». D’après lui, ces dernier.ère.s auraient rapidement trouvé leurs candidat.e.s de vaccination et les compagnies de mRNA, telles que Pfizer étaient simplement prêtes à commencer le testage en huit à dix semaines seulement.

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