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Remboursement partiel à venir pour le U-Pass ?

Johan Savoy
19 novembre 2021

Crédit visuel : Dereck Bassa – Photographe

Article rédigé par Johan Savoy – Chef de pupitre Sport et bien-être

Suite à la suspension prolongée des services du train léger, le Conseil municipal de la Ville d’Ottawa décidait, le 13 octobre dernier, de rendre gratuit le transport en commun pour le mois de décembre. Une situation qui pose la question d’un éventuel remboursement pour les étudiant.e.s de l’Université d’Ottawa (U d’O), ceux.celles-ci ayant déjà payé leur U-Pass au début de l’année scolaire.

Après quasiment deux mois de suspension, la Ligne 1 du train léger a finalement repris du service le 12 novembre dernier. Une bonne nouvelle pour les usager.ère.s à la veille de l’arrivée des premières neiges sur la capitale nationale, puisque le service de substitution de bus R1 n’apportait pas entière satisfaction, comme le mentionne Tim Gulliver, président du Syndicat étudiant de l’Université d’Ottawa (SÉUO). « Beaucoup d’étudiant.e.s se sont plaint.e.s des retards à répétitions des autobus de remplacement et de la qualité même du service, puisque [celui-ci] n’était pas comparable à celui fourni par le train », constate-t-il.

Une reprise qui fut toutefois quelque peu chahutée puisqu’une panne provoquant l’arrêt des circulations était déjà à signaler seulement quatre jours après la réouverture de la ligne, ainsi rappelant les nombreuses remises en cause de la qualité du réseau ferroviaire ottavien. Un bon fonctionnement demeure pourtant crucial, comme le rappelle Gulliver, constatant que l’arrivée prochaine de la période d’examens nécessitera un service de qualité. « Il va falloir regagner la confiance des étudiant.e.s », martèle-t-il.

Gratuité au mois de décembre

Suite aux deux déraillements et aux multiples dysfonctionnements du train léger ayant provoqué l’ire des usager.ère.s, le maire Jim Watson annonçait fin septembre vouloir rendre gratuit le transport en commun au mois de décembre. Celui-ci justifiait son choix par la volonté d’aider les petites et moyennes entreprises pendant la période des fêtes ; une déclaration qui fut toutefois critiquée par les groupes d’usager.ère.s, qui prétendent que la gratuité serait davantage utile au cours d’un mois de fort achalandage.

La volonté du maire a cependant été validée par le Conseil municipal le 13 octobre dernier, votant par 17 voix contre 6 la gratuité des transports pour le dernier mois de l’année. Un cadeau pour les usager.ère.s qui ne coûtera toutefois rien à la Ville puisque les 7 millions de dollars de manque à gagner seront financés par les non-paiements du gestionnaire du réseau ferroviaire, identifié comme le grand coupable par le maire dans cette histoire.

À la suite de cette décision, la Ville annonçait donc dans une note de service que « les client.e.s détenant un laissez-passer U-Pass […] [n’auraient] pas à passer leur carte devant le lecteur dans les stations de l’O-train ou dans les autobus d’OC Transpo », laissant ainsi la responsabilité à l’Université de traiter du problème avec sa communauté.

Un remboursement à venir ?

Face à la question du remboursement, le président du SÉUO précise que la Ville a effectivement donné la possibilité à l’Université de procéder, mais que la décision finale revient toutefois à cette dernière. « Une rencontre aura lieu à la fin du mois avec les syndicats des étudiant.e.s du premier cycle et des diplômé.e.s afin d’en discuter », explique-t-il, rappelant que l’éventuelle restitution de fonds concernerait uniquement le mois de décembre et non le semestre entier. 

« Nous sommes au courant de l’annonce de la Ville d’Ottawa concernant la suspension des frais pour l’utilisation du train léger », répond ainsi Isabelle Mailloux, cheffe des Relations de presse de l’U d’O. Celle-ci précise que « [l’Université] travaille actuellement avec ses partenaires d’OC Transpo afin de procéder à un remboursement pour le mois de décembre. »

Un manque de communication

Après les nombreux événements se rapportant à la défaillance du train et les multiples questions entourant le remboursement des usager.ère.s, Gulliver relève cependant que la Ville, mais aussi l’Université ont failli dans leur devoir de communication vis-à-vis des étudiant.e.s. « Nous avons oublié que ce sont [elles et eux] qui se sont donné le U-Pass, par référendum, quelques années en arrière », appuie-t-il.

« Il est vraiment important que la Ville et l’Université comprennent que les étudiant.e.s sont directement impliqué.e.s par le [remboursement] du U-Pass », conclut-il, demandant finalement une communication plus fournie à l’avenir vis-à-vis de la communauté uottavienne.

À noter que le gouvernement de l’Ontario a décidé d’ouvrir une enquête publique afin de répondre aux nombreuses questions entourant les dysfonctionnements du train léger. Une décision s’opposant à celle du maire Watson, qui préférait éviter d’avoir recours à ce genre de procédé.