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Arts et culture

Pleins feux sur la scène cinématographique ottavienne 

Marie-Ève Duguay
27 Décembre 2021

Crédit visuel : Emilie Azevedo – Courtoisie 

Article rédigé par Marie-Ève Duguay – Cheffe de pupitre Arts et culture 

Du 10 au 12 décembre de cette année, nombreux.ses artistes et cinéastes de la capitale ont été présenté.e.s par la Galerie d’art d’Ottawa dans le cadre de la nouvelle édition du festival ottavien Digi60. Le mandat du festival : créer une communauté de cinéastes émergent.e.s et supporter le septième art au niveau local. 

Comme l’explique le site web de Digi60, les événements du festival se divisent en deux aspects distincts. D’une part, le festival offre, par l’entremise d’ateliers et de séances d’informations, des opportunités de développement professionnel pour les créateur.ice.s. D’autre part, ceux.celles-ci peuvent participer à la portion « défi » de Digi60.

D’après Cassandre Mentor, cinéaste et créatrice qui a présenté sa première œuvre au festival cette année, les créateur.ice.s qui participent à l’événement « défi » doivent créer un film selon des critères et des thèmes spécifiques. Ils.elles ont un temps limité pour créer leurs œuvres : 60 jours, d’où vient d’ailleurs le « 60 » dans le nom du festival, leur sont accordés.

Programmation diversifiée et inclusive

En plus de valoriser les cinéastes émergent.e.s de la scène d’Ottawa, Digi60 vise à représenter les créateur.ices issu.e.s de communautés minoritaires et racisées. Ainsi, les organisateur.ice.s du festival ont offert pour la première fois cette année des microsubventions pour les personnes autochtones, noir.e.s et de couleur (PNADC).

D’après Maissa Houri, directrice des industries aux femmes, actrice et directrice pour le festival, ces microsubventions sont importantes puisque « les créateur.ice.s [PNADC] ont été laissé.e.s de côté pendant si longtemps ». Elle croit que « les créateur.ice.s [PNADC] devraient être ceux.celles qui racontent leurs histoires » et mentionne que les subventions comme celles qu’offre Digi60 permettent à ces individu.e.s de réaliser leurs films en obtenant le mentorat nécessaire pour réussir.

Mentor est l’une des cinq récipiendaires qui ont reçu des subventions en 2021. Pour les créateur.ice.s qui reçoivent les micro-bourses, le processus artistique diffère un peu de celui des autres participant.e.s ; le seul critère est que l’œuvre soit francophone ou bilingue.

Ainsi, Mentor a profité des subventions pour créer un court métrage, À la merci des vents et des flots, qui met en scène une jeune mère qui « réapprend » le monde suite au diagnostic d’autisme de son fils. Si quelques différences séparent Mentor et son personnage, elle confirme qu’elle s’est tout de même inspirée de sa vie personnelle pour élaborer l’histoire. Sa famille a effectivement joué un grand rôle dans le montage : son frère, sa mère, ses tantes, son mari et son fils ont tous une partie intégrale dans le court métrage.

Créer en dépit de la pandémie

Selon Emily Ramsay, directrice générale du festival, le nombre de participant.e.s a surpassé celui des années précédentes. Cependant, la pandémie a affecté tout de même les événements de Digi60 ; Ramsay affirme d’ailleurs qu’ils.elles ont « perdu le sentiment d’unité » lorsque le festival était offert en ligne seulement. Heureusement, mentionne la directrice, la communauté demeure forte.

Si le festival des dernières années s’est passé strictement de manière virtuelle, Ramsay confie que celui de cette année s’est déroulé en « format hybride ». La directrice illustre que certains panels et ateliers n’étaient offerts qu’exclusivement en ligne, et que d’autres n’étaient offerts qu’en personne. « Un festival hybride nous a permis  de toucher un public plus large. Il a aussi permis à ceux.celles qui ne sont pas encore assez à l’aise de profiter quand même des films et des opportunités de développement professionnel que le festival a à offrir », partage Ramsay.

Futur prometteur ?

D’après Ramsay, le cinéma est toujours bien vivant à Ottawa-Gatineau. Elle souligne que les cinéastes indépendant.e.s profitent surtout du festival et des opportunités qu’offre la région pour en apprendre davantage sur le milieu et pour développer leur pratique artistique. Mentor soutient aussi que  Digi60 « est un environnement très favorable pour ceux.celles qui commencent tout juste à œuvrer dans le milieu ».

 « Nous savons que l’industrie elle-même continue de prospérer. Comme il s’agit d’un service essentiel, Digi60 est heureux de continuer à offrir des possibilités de développement professionnel aux cinéastes d’Ottawa-Gatineau », explique Ramsay. La directrice générale termine en mentionnant que c’est à travers Digi60 que les cinéastes émergent.e.s de la région peuvent devenir des acteur.ice.s indispensables de l’industrie du film et qu’ils.elles deviennent des artistes à part entière.

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