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Arts et culture

TikTok, version franco-ontarienne 

Culture
9 octobre 2021

Crédit visuel :  Courtoisie – Anjie Hamel 

Entrevue réalisée par Marie-Ève Duguay – Cheffe de pupitre Arts et culture

Pour Anjie Hamel, étudiante en deuxième année en sciences de la santé et en droit à l’Université d’Ottawa, la plateforme sociale TikTok est devenue beaucoup plus qu’un simple passe-temps. Grâce à ses parodies d’employé.e.s de Service Ontario et son humour franco-ontarien qui fait brasser, elle compte à ce jour plus de 120 000 abonné.e.s sur cette application. 

La Rotonde (LR) : D’où est venue l’idée de vous créer un compte TikTok

Anjie Hamel (AH) : J’ai ouvert mon compte en 2019. C’est une de mes amies qui m’a poussé à le faire ; nous étions dans notre cours de biologie, et elle m’a mis l’idée dans la tête. 

J’ai fait beaucoup d’improvisation au secondaire et j’ai fait du stand-up pour le concours LOL. TikTok, qui est surtout reconnu pour ses courtes vidéos souvent humoristiques, était comme la progression naturelle pour moi, une porte ouverte. C’est un petit moment d’improvisation qui fait rire les gens. J’ai commencé à faire quelques vidéos, et elles ont très bien réussi.

Il n’y a pas beaucoup de représentation sur les réseaux sociaux pour les francophones du Canada. Les gens ont embarqués rapidement, et on connaît la suite !  C’est très amusant et c’est une bonne façon de laisser aller ma créativité.

LR : La majorité de vos vidéos portent sur la francophonie en milieu minoritaire. Pourquoi abordez-vous ce sujet ?

AH : Je suis originaire du Québec, mais mon père est un militaire donc nous avons souvent déménagé. J’ai habité au Québec, en Alberta et je suis maintenant en Ontario. D’après ce que j’ai vu, je trouve qu’il n’y a pas beaucoup de fierté francophone ailleurs au pays autant qu’il y en a pour la francophonie ontarienne.

Au secondaire, j’ai participé aux événements de la Fédération de la jeunesse franco-ontarienne (FESFO) et à toutes les activités possibles en termes d’animation culturelle. Je n’aurais pas pu faire ça dans une école francophone en Alberta, par exemple. J’aurais pu le faire au Québec, mais en même temps, la francophonie est un standard là-bas et n’est donc pas autant appréciée qu’ici, où la francophonie est un peu plus rare.

Tiktok me permet donc de rejoindre les régions où il y a moins de représentation francophone, et de dénoncer de manière humoristique les défauts des services offerts en français. 

LR : Vous servez-vous de votre plateforme pour parler de sujets autres que la francophonie ? 

AH : La santé mentale et la sensibilisation contre l’abus sexuel sont des sujets importants pour moi, et je trouve que c’est bien d’en parler avec des gens de la communauté […]. Je reçois parfois des messages de gens qui ont vécu les mêmes expériences que moi. La francophonie est mon sujet principal, mais je trouve important d’aborder ces autres thèmes en ligne puisque c’est bien de savoir que lorsqu’on souffre, on ne souffre pas seul.e.s.

LR : Quels sont les avantages à utiliser une plateforme comme TikTok pour propager ses idées ? Les désavantages ? 

AH : Je suis capable de rejoindre une panoplie de personnes sur les réseaux. Si j’ai quelque chose à partager, par exemple une nouvelle vidéo ou une pétition à signer, j’ai le privilège de pouvoir rejoindre des milliers d’utilisateur.ice.s en peu de temps. J’ai aussi pu créer une belle communauté de francophones d’un peu partout à travers le monde : j’ai des abonné.e.s qui viennent de la France, de la Belgique, de la Suisse et de partout au Canada !

Par contre, je dois faire très attention à ma présence en ligne et au contenu que je publie, puisque cela pourrait dégénérer rapidement. N’importe qui pourrait me reconnaître et documenter ce que je dis ou ce que je fais. En même temps, c’est beaucoup de travail. Ceux et celles qui me suivent s’attendent à avoir du contenu régulièrement. J’ai pris une petite pause parce que mon téléphone a été volé, et mes commentaires sont pleins de gens qui se demandent où je suis et quand je vais publier. Je ne me considère pas comme étant une « influencer », mais le contenu que je crée a quand même de l’influence sur mes abonné.e.s. C’est une grosse responsabilité à porter.

LR : Pensez-vous continuer à être active encore longtemps sur TikTok ?

AH : Je pense continuer un bon bout de temps : si j’arrête bientôt, ce sera seulement si l’application ferme complètement. J’adore partager mon contenu avec la communauté. Je ne verrais pas ça ni comme emploi à temps plein ni à long terme, mais ce serait bien de continuer à temps partiel.

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