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Les effets mitigés des réseaux sociaux en pandémie

Johan Savoy
9 mars 2021

Crédit visuel : Valé­rie Soares – Photo­graphe

Chronique rédigée par Marie-Ève Duguay – Journaliste

Comme l’ont fait beaucoup d’étudiant.e.s au cours de cette dernière année, je me suis plongée dans les plateformes de communication en ligne, dans l’espoir d’y trouver un peu de réconfort en ces temps de crise et d’isolement. En y repensant, il semble que le flux d’information et de contenu incessant ait eu d’importantes répercussions sur ma santé mentale.

Que ce soit pour suivre les nouvelles concernant la pandémie avec Facebook et Twitter, ou simplement pour me divertir un peu en téléchargeant des applications comme TikTok, j’ai passé plusieurs heures sur mon téléphone depuis mars dernier. Mon rapport hebdomadaire de « temps d’écran » était la preuve concrète de ma dépendance aux réseaux sociaux. 

Quelques avantages … 

Je dois dire que ma vie sociale a un peu moins souffert que je ne l’aurais imaginée durant la pandémie. J’ai pu rester en contact avec mes ami.e.s et ma famille à travers diverses plateformes. Nous avons transposé nos soirées jeux et nos conversations quotidiennes dans le monde virtuel. Les réseaux sociaux nous ont ainsi permis de retrouver une petite partie de notre ancienne routine. 

Bien que critiqués, les mouvements et les tendances qui ont gagné en popularité en ligne m’ont aussi été utiles. Les conseils quant au port du masque et aux différentes manières de désinfecter ses épiceries m’ont grandement aidée. Si je suis très reconnaissante envers les réseaux sociaux de m’avoir divertie, j’ai tout de même beaucoup à leur reprocher. 

… aux conséquences néfastes

La pandémie a provoqué un tel besoin de m’informer sur les restrictions, le nombre de cas et les gestes barrières contre la COVID-19 que je me retrouvais souvent à faire du doomscrollingCe terme, qui s’est popularisé l’an dernier, désigne l’habitude de faire défiler à l’infini les fils d’actualité de nos réseaux sociaux. Des fils d’actualités qui, je tiens à le souligner, dépeignent souvent un tableau très décourageant de la situation.

 Je me sentais souvent étouffée face à ce flux constant de nouvelles. Entre le nombre de victimes qui s’additionnait et la liste de symptômes qui ne faisait que s’allonger, je ressentais de plus en plus d’anxiété. Le sentiment d’impuissance que je vivais en écoutant les reportages et en consultant mes fils d’actualité m’a également causé beaucoup de stress.

Si les réseaux sociaux rendent l’information accessible, ils ont aussi contribué à la propagation de fausses nouvelles qui ont souvent nui à la population générale. C’est un point que souligne l’équipe du Students For Mental Health Awareness (SFMHA) de l’Université d’Ottawa (U d’O). Avec l’accès immédiat, il est difficile de discerner ce qui était vrai et ce qui ne l’était pas.

À force d’écouter des témoignages sur Instagram et sur Twitter de personnes qui avaient contracté le virus, je suis souvent tombée dans les pièges de m’autodiagnostiquer, et me suis convaincue à tort que je l’avais moi aussi attrapé. Après plusieurs nuits sans sommeil, je me suis retrouvée obligée de faire un choix quasiment impossible : ignorer les développements de la pandémie et prioriser ma santé mentale, ou répondre à ma volonté de m’éduquer face à la situation et en souffrir les conséquences. Heureusement, j’ai découvert des façons de développer plus de résilience face à mon problème.

Conseils nécessaires

J’ai tout d’abord limité mon accès aux médias sociaux : grâce aux réglages de mon téléphone, je me suis imposée une limite d’une heure par jour à leur consacrer. Ainsi, plutôt que de passer des heures à doomscroller, ce temps précieux allait être alloué à rester en contact avec mes proches. En ce qui concernait les nouvelles, je ne les consultais plus que sur les médias traditionnels. 

Je me suis sentie beaucoup plus en contrôle dès la première journée. Quoiqu’une fois l’heure écoulée, je m’ennuyais légèrement. C’est pourquoi je me suis aussi mise à faire de la méditation. Je suis consciente que ce n’est pas pour tout le monde, mais c’est une pratique qui m’a été très utile lors des périodes de confinement et a plusieurs bienfaits sur ma santé. Ces quelques minutes de calme me permettaient, et me permettent toujours de me déconnecter du monde en mouvement constant pour me ressourcer. 

Pour celles et ceux qui n’ont pas les moyens de limiter leur temps d’écran, ou qui n’ont pas la patience de méditer, il existe heureusement des alternatives. Le SFMHA propose de prendre contact avec son entourage, de sortir marcher et d’autres techniques pour s’éloigner des réseaux et apprendre à gérer son stress. Le Centre d’entraide du Syndicat Étudiant de l’Université offre également des séances de clavardage en ligne pour les étudiant.e.s qui en auraient besoin.

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