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Fraternités et sororités à Ottawa, une réalité loin « des clichés des films américains » ?

Emily Zaragoza
10 Décembre 2023

Crédit visuel : Nisrine Abou Abdellah — Directrice Artistique

Article rédigé par Emily Zaragoza — Journaliste

Soirées arrosées avec gobelets rouges dans une villa pleine à craquer : c’est inévitablement la première image qui vient en tête à propos de la « Greek life ». Malgré ces perceptions négatives, chaque année, des étudiant.e.s d’Ottawa font le choix de rejoindre une sororité ou une fraternité. Qu’est-ce qui motive leur décision ? Est-ce le besoin de se faire des ami.e.s ou bien un réseau ? L’envie de compter pour la communauté ? Et que font les organisations pour changer leur image ?

Nouer des amitiés et réseauter

Meleena Lamothe est présidente de Xi Delta Thêta à Carleton. C’est à l’automne 2019 qu’elle a rejoint la sororité, une décision qu’elle n’aurait jamais imaginé prendre, précise-t-elle. « J’ai décidé d’essayer parce que j’avais des difficultés à me faire des amis. Je viens d’Ottawa, donc je suis restée vivre chez mes parents et je n’ai pas eu l’occasion de me nouer des liens en résidence, contrairement à beaucoup d’étudiants », explique la présidente. Selon elle, l’un des principaux points positifs de la « Greek life » est que cela permet de rencontrer de nouvelles personnes et de nouer des amitiés. Plutôt introvertie, elle y apprend à sortir de sa zone de confort et à découvrir d’autres aspects de sa personnalité.

C’est aussi dans la perspective de se faire des amis qu’un étudiant de l’Université d’Ottawa, ayant souhaité rester anonyme, a rejoint la fraternité internationale Sigma Chi lors du second trimestre de sa première année. Très sportif, il a arrêté pendant la pandémie et n’a jamais repris sa pratique au niveau compétitif. Il mentionne que les sentiments de solidarité et d’amitié présents dans le sport lui manquent. Ce sont des valeurs qui, selon l’étudiant, sont mises en avant par la fraternité Sigma Chi et l’ont donc poussé à la rejoindre.

Lamothe est devenue présidente de sa sororité après avoir été élue, un poste qu’elle estime lui avoir permit d’accroître ses compétences, notamment de leadership. Alors qu’elle souhaite devenir professeure, l’étudiante est convaincue que les qualités acquises lui serviront par la suite en tant qu’enseignante. En plus de l’expérience, la « Greek life » permet, selon le membre de Sigma Chi, d’avoir accès à un réseau d’anciens et de contacts utiles sur le marché du travail. L’étudiant qui envisage de faire une école de droit sait qu’il pourra compter sur l’aide de membres devenus avocats.

Encourager la diversité

D’après l’étudiant, Sigma Chi a conscience que de nombreux clichés existent et que ses membres sont parfois perçus comme « un groupe de jeunes hommes blancs privilégiés ». Or, la fraternité souhaite se défaire de cette image, continue-t-il. Pour y parvenir, Sigma Chi est de plus en plus attentif à l’inclusion. Parmi ses « frères », il y a des étudiants originaires du monde entier : de Turquie, de Chine, de Dubaï, d’Israël, etc.

Il y a 15 ans, la diversité n’était pas au centre des préoccupations, informe l’étudiant. Il précise toutefois qu’aujourd’hui : « On est vigilants, lors du recrutement, de s’adresser à tous et de déconstruire les préjugés et les craintes que peuvent avoir les étudiants. » Au sein de la fraternité, il affirme que les membres veillent à inclure et à respecter tout le monde de la même manière. Cela passe par la célébration de Hanoukka, une fête juive, mais aussi par le soutien lors du ramadan des membres musulmans, précise l’étudiant.

Xi Delta Thêta fait attention lors du recrutement de ne pas s’adresser seulement aux filles qui incarnent les « stéréotypes » de l’étudiante membre de sororité, d’après sa présidente. Elle ajoute qu’un comité de diversité et d’équité a été introduit récemment afin de garantir la diversité.

Faire preuve de charité

La philanthropie est l’un des piliers de Xi Delta Thêta, selon Lamothe. Elle explique que la sororité souhaite se rendre utile et servir la communauté grâce à des évènements comme les collectes de fonds pour la fibrose kystique ou le Relais pour la vie.

L’étudiant affirme que c’est en partie la dimension philanthropique qui l’a motivé à rejoindre Sigma Chi. La fraternité fait, selon lui, « beaucoup pour la communauté, en particulier aux côtés de la Fondation Huntsman », qui œuvre pour la recherche contre le cancer. La fraternité organise des collectes de fonds pour celle-ci, précise-t-il. D’après lui, lors d’un évènement appelé « Dirty Days », les membres ont réuni 10 000 $ en une semaine.

« Beaucoup de personnes ont une vision faussée des fraternités et des sororités à cause des clichés des films américains. La réalité ne ressemble en rien à cela, en tout cas au Canada et particulièrement ici à Ottawa », déclare Lamothe. Les évènements publics sont l’occasion, selon le membre de Sigma Chi, d’aller à la rencontre des fraternités et des sororités. Au mois de mars, Sigma Chi sera présent sur le campus pendant 72 heures d’affilée dehors, afin de récolter de l’argent pour les personnes itinérant.e.s.

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