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Réévaluer notre besoin que tout soit parfait

Crédit visuel : Nisrine Nail – Directrice Artistique

Chro­nique rédi­­gée par Malek Ben Amar – Contri­bu­trice

À la fameuse question « quel est votre plus grand défaut ? », survenant généralement lors d’un entretien d’embauche, est souvent évoqué le perfectionnisme. Nous croyons ainsi faire meilleure impression en évoquant ce trait de caractère, alors  que nous attirons en réalité la prudence et la méfiance de notre recruteur.euse.

Le perfectionnisme rime souvent avec la quête de l’excellence et de la perfection. Au travail, ce caractère a des avantages bien connus tels que l’opiniâtreté, la résilience et le souci du détail. En plus d’être épuisant, ce besoin d’être constamment parfait.e peut, s’il est mal canalisé, être nocif, cette soi-disant qualité devenant alors toxique. En découlent alors l’intransigeance les personnes qui en souffrent, et l’obsession de la performance.

Origine du phénomène

Le perfectionnisme s’installe dès l’enfance et est la conséquence d’une influence culturelle et éducative. Dans certains cas, les parents pensent que pour briller dans la vie, il faut chercher à tout contrôler et tout prévoir, afin de pallier les imprévus quotidiens. 

Les attentes parentales et sociales exercent donc une pression que l’enfant conserve tout au long de sa vie, résultant des messages valorisant le perfectionnisme envoyés à un âge de grande fragilité émotionnelle.  Ils.elles seront alors exigeant.e.s vis-à-vis de leur progéniture, et intransigeant.e.s face à leurs échecs et erreurs. En les imitant, l’individu.e devient à son tour soucieux.euse de tout parfaire, et aura des difficultés à prendre des décisions. 

Pour répondre à ces attentes et réussir à tout prix, l’enfant s’adapte aux conduites perfectionnistes, déclenchant des comportements toxiques chez les jeunes, qui peuvent dangereusement tourner à l’obsession. Cet idéal peut également provoquer des dommages sur la santé mentale de l’enfant qui tentera de répondre aux attentes de ses parents et de réussir à tout prix.

Bienfaits mitigés

Exercé dans la limite du raisonnable et sans prendre pas le pas sur la vie quotidienne, le perfectionniste se présente comme un atout. Mais il peut rapidement devenir un piège paralysant quand il est abusif, d’où l’importance de savoir gérer ce trait de caractère, afin d’en faire le meilleur usage possible.

D’après les études réalisées par Paul Hewitt et Gordon Flett, chercheurs en psychologie à l’Université de la Colombie-Britannique, le perfectionnisme comprend trois dimensions. Qu’il soit « auto-orienté », « autre-orienté », ou « socialement prescrit », celui-ci conduit à des attentes excessivement élevées et démesurées envers les autres ou soi-même. 

Le désir exagéré d’atteindre un meilleur niveau qui serait bénéfique semble donc être stérile puisqu’il nuit à notre estime de soi, la pression exercée sur nous-mêmes devenant alors source de frustration, de stress et de nervosité. Ce mélange créé souvent une personnalité obsédée du contrôle, déconnectée de la réalité, et intolérante à l’échec.      

Se libérer 

Pour prévenir la toxicité du perfectionnisme, l’individu.e se doit de trouver un certain équilibre dans sa vie. Il lui faut d’abord faire un bilan précis des avantages et des inconvénients engendrés par le perfectionnisme. S’il est souvent épuisant, il peut aussi avoir une influence positive, notamment dans la lutte contre la procrastination

Trier vos activités selon vos préférences, puis éliminer le souci de la perfection dans les domaines qui vous semblent moins importants semble être un bon début. Le fait d’y être moins parfait n’aura pas de conséquence dramatique, et vous pourrez profiter du temps que vous avez gagné pour vous amuser.

Dans notre vie d’étudiant.e.s, nous sommes entouré.e.s de messages poussant au perfectionnisme. Décrocher un bon diplôme, avoir un corps parfait et afficher un bonheur obligé envers les autres : ce sont des rêves que l’on caresse le long de notre parcours, et qui nous contraignent, paradoxalement, à les réaliser.

À force d’exiger de nous des accomplissements irréalistes, nous serons incapables d’endurer les échecs. Alors, apprenons à commettre des erreurs sans nous dévaloriser : soyons imparfait.e.s, soyons authentiques.

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