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Arts et culture

25 mots et expressions pour parler québécois et ontarois

Emily Zaragoza
7 Décembre 2023

Crédit visuel : Nisrine Abou Abdellah — Directrice Artistique

Chronique rédigée par Emily Zaragoza — Journaliste 

« J’ai eu d’la misère, mais c’est correct » ! C’est à ce moment, alors que je regardais un film dans l’avion vers Montréal, que j’ai réalisé que comprendre le français au Canada n’allait pas être une mince affaire. Trois mois plus tard, la majorité du temps, je parviens à naviguer dans l’océan des mots. Plutôt que de se noyer dans ses larmes, il vaut mieux en rire, donc voici une petite compilation de tous les termes et expressions que j’ai découverts ainsi que leurs significations.

Alerte à tous.tes les nouveaux.elles arrivant.e.s, une fois le pied posé sur le sol canadien, un sujet va envahir vos conversations : le froid, et ce, même si vous débarquez au milieu du mois d’août sous 30 degrés à l’ombre. Dans le pays des caribous, tout tourne autour de l’hiver et de la neige.

Il faut dire qu’en février, il va faire « frette » (froid équivalent à -20 °C), mais pas question d’accrocher ses patins (abandonner) pour autant, et de prendre le premier vol pour regagner le climat méditerranéen ! Après la bordée de neige (tempête de neige), rien de mieux que de sortir ses babiches (raquettes) pour aller faire un tour avec son « chum » ou sa blonde (petit.e ami.e). Autant en profiter, avant que la neige laisse place à la sloche (neige fondue), puis que les rues soient pleines de « bouette » (boue).

Pour affronter les températures hivernales, il n’y a qu’une seule solution : aller magasiner (faire les boutiques) ! Un essentiel à acheter : un chandail (pull) en laine qui vous tiendra au chaud en toute circonstance. Pour aller patiner sur le canal, une tuque (bonnet), qui évitera que vous ne « pogniez » un rhume (attrapiez un rhume). Bien entendu, il faudra aussi mettre vos pantalons (oui oui, le pluriel est ici de mise), et en dessous, des « bobettes » (sous-vêtements) confortables. Au milieu du rayon, le Saint Graal, un manteau d’hiver doublé polaire soldé à -50 % de rabais. Attention, une autre personne se précipite pour l’avoir…

Vous voilà en train de vous « chicaner » (disputer) en plein milieu du rayon de Canadian Tire. Je ne citerai pas le florilège de jurons — aux tendances religieuses — qui font la richesse de la langue québécoise. À quoi bon répondre par la violence, même si la personne en face « pète une coche » (s’énerver).

La meilleure chose que vous puissiez faire, au lieu d’être vite sur vos patins (démarrer au quart de tour), c’est de prendre une grande inspiration et de vous calmer le pompon (garder la tête froide). Ne soyez pas « niaiseux » (bête), un manteau de perdu, dix de retrouvés !

Toute cette histoire vous a ouvert l’appétit, direction le Marché By. Si vous voulez vous sucrer le bec (manger des sucreries), rien de mieux qu’une queue de castor. Une petite soif ? Un breuvage (boisson) !

Maintenant que vous pouvez jaser (parler) à propos du froid, vous vêtir et vous nourrir convenablement, et même vous bagarrer dans la langue de Garou, il faut que je vous parle des expressions franco-ontariennes.

Pour être tout à fait honnête, avant d’arriver à Ottawa, je ne connaissais pas l’existence de ce peuple d’irréductibles qui parle « ontarois ». C’est à La Rotonde que j’ai appris à découvrir sa culture, à décrypter sa langue et à percevoir le combat qui se cache derrière. Désormais, je sais qu’un samedi ensoleillé, il est probable de voir des habitant.e.s marcher leur chien (balader le chien) et d’autres occupé.e.s avec leur moulin à herbe (tondeuse à gazon). Si le soleil n’est pas au rendez-vous, il y a toujours le char (véhicule) pour donner un tour (promenade en voiture) et crier de la corne (klaxonner) lorsque le trafic est chargé.

Un peu comme la cacophonie lors des embouteillages, le français est une langue bruyante qui mène à bien des routes. Au gré des particularismes régionaux, il se teinte de mille et une nuances. S’il n’est pas toujours évident de comprendre le sens d’expressions canadiennes-françaises, il n’est pas plus facile de décrypter l’occitan, ou le ch’ti, croyez-moi ! Après deux ans d’exil dans les terres du nord de la France, la sudiste qui est en moi peine encore à saisir certaines expressions. Peut-être l’objet d’une prochaine chronique…

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